Fictions?

Café

"Tout en vous pue le français!"
Elle avait utilisé le mot “stink” dans un grand éclat de rire, mais elle était restée.

Meteo

Mon oeil fixé à la ligne mouvante du bas de votre jupe;

ce balancier s’évase au rythme de vos pas.

Soleil ou pluie, comment savoir? 

So what

Musique de tes seins Princesse,

emporté dans le sens de l’ivresse,

une douce route, je dodeline;

les yeux vers toi, dressant ma pine;

Qu’attends tu des jours à venir?

A quoi bon les mots. Se laisser simplement porter éblouir, talent intelligence. Je me sens tout petit.

En Italie, entre ruines et tableaux, je ne vois que ton cul et les ifs dressés au sommet des collines siennoises. palio!

Se souvenir de D.

je me souviens, la route s’effilait depuis déjà longtemps et, à chaque virage l’on s’enfonçait un peu plus dans la nuit. les phares jaunes sur le relief guident la vue du conducteur, le cerveau en éveil constate puis transmet aux mains et aux pieds une multitude d’ordres. 

Du col du Berthiand au lac de Nantua la route descend en lacets multiples. L’oeil, déjà un peu fatigué, je saisissais l’amplitude des courbes et j’entrainais le volant dans une ronde incessante, le véhicule virant et revirant.

En grimpant vers le col, le brouillard t’avait maintenue éveillée; le visage avancé vers le pare-brise, tu cherchais à distinguer les méandres de la route -je la connaissais suffisamment bien pour ne pas me laisser troubler par l’absence de visibilité, j’avais juste réduit l’allure - m’indiquant parfois “à droite, à gauche”. Ton regard se concentrait sur une tâche inutile et pourtant, le délicieux sentiment de ne pas être seul, je t’entendais sans t’écouter. 

Malgré mes soins, tu fus ballotée dans la descente et ne pus t’endormir à nouveau. Le diner fut calme. 

Sur l’autoroute, le volume luttant contre l’air qui de toutes parts s’engouffrait dans le véhicule, tu écoutais un psaume de Vivaldi.

Et la voix de Teresa Berganza parvenait jusqu’à mes oreilles troublées par le ronflement du moteur.

Tu t’endormais.

Souvenir

Je regarde, jeune salope, votre marche déhanchée,

fesses basculant sous mes yeux absorbés et mes sens avides.

Chacun de vos pas, provocation, appel à la luxure, 

evidence de votre cul, souffrance de mes mains.

Vous fuyez,

Vous filez.

Pénitence de ma bite.

Oh mes mains,

Oh vos seins.

Arrete de terminologie du 4 novembre 1993

Un kiné kinois massait une basketteuse mascataise qui révait endormie de ce clodo dodomais enamouré lui d’une boulimique kaboulienne maboule. Il préférait tyraniser la tiranaise balaise, celle qui adorait les propositions ouatées d’un outaouais oiseux ou, plus cotonneuses d’un colon cotonais cantonné à côté de Canton.

Il imputait ce déficit à la pute en rut du maputais et, donna quitus au quiténien coi qui le quittait hébété, d’une perte abyssale, le bissalien blasé biaisant pour ne pas s’abaisser à s’en reconnaitre l’auteur.

Plus loin, sous un chêne, un damascène obscène regardait mascérer un masérois étroit dans le jus crasseux d’une carcasse de cheval caracassien ne caracollant plus, avant de partir armé harasser une rare hararaise rasée alarmée par son gras hara d’apparat. Mais il fut touché par la cartouche d’un khartoumais qui cartonnait. Le pacénien affirma qu’il ne s’était rien passé.

Ce sont les coups de barre du malabar malabéen dans le ventre d’une niaise havanaise qui firent paraitre l’enfant moronais. Choqué, le chaud nouakchottois hurla :”Monrovien, avant que tunisois, j’y serais!”

Un tripolitain ventripotent tripotait les longues jambes de la lilongwaise puis, au lupanar, sans palabre, empala une kampalaise accablée qui rempilait attablée sous le regard hagard d’un huguenot haguenois.

Le varsovien se souvient qu’il n’y a rien dans les mets d’un niaméyen et décide de piquer la barbaque d’un baraqué mac bamakois.

Le costaud moscovite évite vite le raisonnement aérien d’un ryadien radin. Suffisant et zozotant, le sophiste sofiote, solfiant, mena la manichéenne maniaque marmoréenne mama manaméenne se souler avec d’osées zélotes séouliens aux souliers déliés, avalant avec aigreur l’accre liqueur accréenne.

Sur le carré d’un navire cairote un normalien guatémalien jouait aux dominos avec un dominguois de guingois.

Le tokyote sorti des chiottes hoquetant et pestant que les restes de la budapestoise puaient la peste et qu’il n’avait pas bu de cervoise. 

Malgré sa déroute, le beyrouthin montrait sa biroute sur la route à une trouppe de vientianaises éventées qui se ventaient d’écarter le jakartais encarté qui, dans un car à l’écart, limait la liménienne, Célimène à l’hymen élimée. 

A la dérive, l’antédiluvien tananarivien n’arrive à rien, un flasque monégasque à ses basques, pas même à berner le bernois qui cause bien avec un nicosien. Il fait un bide comme l’abdijanais qui pavanait aux agrés du sacré bois zagrebois.

Dans le silence d’un jardin ombragé, pelouses douces, profondes.

L’oeil au ciel, nu et nue, demain.

Ma main ta main.

Formes rondes.

Ton cul tes seins.

Sans être grand devin